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Le rêve de Prométhée

 

Réveil au milieu de la nuit

Cliquetis mouillé sur mes chaînes

La pluie bat le macadam

Sur le Caucase qu'est Paname

Des silhouettes pressent le pas

Tout visage éteint

Elles serrent dans leurs mains

Des rectangles de feu liquide

Les images y font la queue leu-leu

Lumières partout étoiles nulle part

Les adultes ont-ils si peur du noir ?

 

à l'entour d'un mur fêlé

Des enfants jouent à des jeux de ficelle

 

La pluie ruisselle

Sur les fibres de mon corps

Mon corps lacis industriel

De plastique cuivre cobalt lithium

Qui pompe des images et du pétrole

"Nous n'avons plus de dieu"

Scandent les hommes

La ville pourtant est un temple

Elle peuple le monde d'objets

À la mémoire pyrophore

Qui racontent une grande histoire

Un oiseau s'ébroue dans le caniveau

J'ai moins de racines que lui

 

à l'entour d'un mur fêlé

Des enfants jouent à des jeux de ficelle

Avec un vieux câble électrique

 

Les histoires créent une parenté spéciale

entre celleux qui les tissent

Mais il faut qu'elles relient

qu'elles relatent

qu'elles portent ce supplément d'âme

dont les récits se passent

Pour mériter le nom de RELATIONS

Seul le langage qui relie délivre

Mon corps lui fut maillé de récits

Martelés dans la forge d'un langage

D'où les liens étaient absents

Le storytelling enchaîne et déracine

 

à l'entour d'un mur fêlé

Où poussent des pâquerettes

Des enfants jouent à des jeux de ficelle

Avec les fibres de mon corps

 

Je m'éfaufile sous la pluie

La ville est un aigle de feu

Qui me dévore le foie

Pandore a bien fait son travail

Gaïa dolente dodeline sous la dalle

L'oiseau s'ébroue dans le caniveau

Ses plumes tombent en escargots

Dont la lenteur fêle les trottoirs

Ils observent les enfants m'effiler

pour ourdir des mondes

avec les lianes qui jonchent les fêlures

Ma vie ne tient plus qu'à un fil

Il était temps que les enfants

Jouent à leurs jeux de ficelles