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Si tu crèves d'aimer

 

On ne se connaît pas encore. On ne s'est rencontré que par bribes. J'ai vu le reflet de tes lèvres sur un visage qui ne t'appartenait pas ; et peut-être qu'à cet instant, ma voix danse au creux de tes pupilles. Je rêve pourtant de toi nuit et jour, sur la trace de trois mots qui, dans le chaos d'un langage pulvérisé par ton absence, brûlent de prendre forme. Alors, pour préparer la rencontre vraie, j'affûte ma vitalité dans un monde qui croule de partout, sous un déluge de pixels ; je rassemble mon courage pour ne pas brandir à tort le nom des choses (car rien n'épuise tant les mots que la lâcheté) ; je grandis pour me hisser à la hauteur de notre amour. Je me demande si tu préfères la coulée de nuages sur la vallée, le baiser des mers sur nos rivages ou la caresse solaire sous la ramée... Ne dis rien. Ces choses-là, comme l'amour, se professent moins qu'elles ne se communient. Déjà tu m'es merveille, parce que je te sais rose éclose de mille couvées d'étoiles dont je démêle l'écheveau pour découvrir trois mots en forme de promesse : on s'aimera !